Mobilité : Une ville apaisée

La mobilité est un enjeu d’importance croissante. Nous pensons toutefois que les problèmes qui y sont liés vont progressivement changer de nature.
Aujourd’hui, la question la plus apparente, outre la sécurité routière, est celle des encombrements. Cette question dépasse cependant très largement notre commune. Elle touche en réalité tout le Brabant wallon, où l’on constate un engorgement croissant des principales liaisons routières mais aussi des transports en commun.
Si la voiture représente 71% des déplacements en Wallonie<1>, l’engorgement du réseau routier est le symptôme de l’urbanisation du Brabant wallon mais aussi la conséquence d’un mode de vie de plus en plus consumériste. Le Plan de mobilité provincial montrait qu’à l’horizon 2030 la population du Brabant wallon augmenterait de 25% et les déplacements de 43%. Même avec une politique de mobilité durable hyper volontariste, qui constitue notre objectif, la part modale de la voiture devrait croître encore selon les experts. Par ailleurs, le développement de l’e-commerce entraîne un accroissement inquiétant du transport par camions et camionnettes. Ottignies-Louvain-la-Neuve est traversée par des infrastructures de communication importantes qui non seulement commencent à saturer en heure de pointe, mais qui de plus posent des problèmes d’intégration dans le tissu bâti. Les améliorations recommandées par le Plan communal de mobilité de 2003 ont été réalisées, même si certaines grosses infrastructures, dépendant de la Région wallonne, sont toujours en attente.

Demain, la mobilité va progressivement devenir une question de plus en plus sociale. Si l’augmentation du prix des carburants devient réalité, des problèmes croissants se poseront pour les personnes aux revenus les plus faibles, qui risquent de se trouver marginalisées si elles n’ont pas accès aux emplois et aux services par des moyens de transport bon marché : mobilité active (marche, vélo) et transports publics. La protection de l’environnement et la diminution des émissions de CO2 plaident également pour ces modes de déplacements. En effet, le transport est responsable d’un quart de nos émissions des gaz à effet de serre en Wallonie et constitue pratiquement le seul secteur où les émissions annuelles ont augmentées par rapport à 1990 (seuil de référence du protocole de Kyoto).       

Nos propositions   
Informer et sensibiliser

  1. Développer une dynamique participative pour impliquer et conscientiser les usagers à une nécessaire évolution de nos pratiques. La mobilité est en effet l’affaire de tous. C’est donc ensemble qu’il faut définir les moyens de lutter contre l’envahissement par la voiture. Le taux de motorisation de notre Ville est significativement plus bas que la moyenne régionale et provinciale et doit le rester. La recette est connue : limiter la vitesse et le parking ; favoriser l’offre alternative en modes actifs et en transports en commun ; travailler sur les mentalités et sensibiliser aux autres modes de transport. Pourquoi ne pas aller jusqu’à interdire localement la publicité pour les voitures ?      

Réduire le besoin en déplacement nécessitant une voiture
  1. Réduire les besoins de déplacement notamment en réservant les espaces proches des gares et des nœuds de transport en commun aux bureaux, administrations et services qui génèrent des déplacements importants (travailleurs, clients). Envisager encore plus l’aménagement du territoire sous l’angle de la mixité des fonctions, en optimisant leur répartition sur le territoire.
  2. Organiser les quartiers à construire (Bétons Lemaire, Samaya, Courbevoie, Athéna...) de façon compacte. Structurer les quartiers existants de manière à favoriser la marche et le vélo ainsi que de manière à rendre possible et rentable la desserte par les transports en commun. Créer des liaisons pour les modes doux entre les nouveaux quartiers et le tissu existant.   
  3. Actualiser le plan de mobilité sur l’ensemble du territoire communal et prendre en compte la dimension supracommunale. Y inclure un maillage bleu et un maillage vert qui devront permettre de relier les quartiers entre eux et de favoriser un autre type de mobilité, intégrée au territoire, structurant ce dernier, assurant une plus grande cohérence entre les projets et renforçant la mobilité active.

Soutenir le développement des alternatives à la voiture
  1. Renforcer l’atout extraordinaire que constitue l’existence de trois gares sur notre territoire. Apporter une attention particulière à la rénovation de la gare d’Ottignies pour s’assurer que les fonctionnalités et le confort des usagers demeurent la priorité du projet – avec pour ambition d’améliorer et renforcer l’intermodalité et d’y consacrer de nouvelles fonctions et services. Suivre attentivement l’adaptation de la gare de Louvain-la-Neuve à l’offre RER, le développement du Park & Ride et l’amélioration nécessaire de la connexion avec la gare de bus dans le cadre de l’élaboration du Schéma d’orientation local (SOL) décidé sur l’ensemble de cette zone. Saisir l’opportunité que constituent les projets de réaménagement autour de la rue du Monument et les évolutions futures des sites Bétons Lemaire et CP Bourg pour améliorer le service et l’offre à l’arrêt de Mousty.  
  2. Renforcer l’offre de transport en commun et de transport scolaire. Les Proxibus - telle la ligne 205 développée avec les communes de Mont-St-Guibert et de Chastre qui est un succès -  sont des formules qui permettent à une ville comme la nôtre de soutenir et d’orienter le développement de l’offre en matière de transports en commun. Multiplier ces expériences positives et continuer à inciter les entreprises à participer au développement de la desserte en transport en commun du parc scientifique. Offrir, dans la mesure du possible, un avantage aux bus par rapport au trafic automobile lors de l’aménagement des voiries et particulièrement des carrefours.   
  3. Réaménager voire déplacer les deux gares de bus présentes sur notre territoire. Celle de Louvain-la-Neuve devra être mieux articulée avec la gare ferroviaire et le Park & Ride ; celle d’Ottignies devra être singulièrement agrandie dans le cadre de la mise en œuvre du Masterplan.     
  4. Négocier dans le but d’obtenir une plus grande amplitude en matière d’offre ferroviaire afin d’offrir une véritable alternative à la voiture - tant en ce qui concerne l’offre de trains en journée que l’offre en soirée. L’offre devrait croître dans les années à venir avec l’achèvement des travaux RER. Une meilleure desserte ferroviaire entraînera mécaniquement un accroissement de l’offre en bus.     
  5. Avoir constamment le souci du confort et de la sécurité des modes actifs : soigner la signalétique des pistes cyclables, les entretenir et les nettoyer régulièrement. Entretenir les trottoirs, les nettoyer, les élargir, améliorer et éclairer les passages piétons. Utiliser des outils participatifs tels que Uello pour inventorier les problèmes que rencontrent les cyclistes. Améliorer les dispositifs pour les personnes à mobilité réduite (PMR). Éliminer les points durs pour les personnes handicapées, les poussettes, les vélos cargos, etc. Sécuriser les lieux de rencontre entre modes actifs et circulation automobile et, en particulier, contrôler encore et toujours l’accès et le stationnement de véhicules sur le piétonnier de Louvain-la-Neuve. Privilégier les pistes cyclables en sites propres aux trottoirs mixtes, quitte à réduire la largeur de la voirie dédiée à la voiture là où c’est possible. Veiller à la continuité des aménagements cyclables.     
  6. Améliorer et accroître les itinéraires cyclables pour en faire de véritables voies cyclables, en suivant les priorités établies par le Plan communal cyclable. Travailler les axes de rabattement vers les deux centres urbains et les gares, ainsi que les axes de transit (N4 et liaison avec Court-Saint-Etienne / Wavre) – et plus particulièrement l’axe de transit dit des « Berges de la Dyle ». Penser à des itinéraires adaptés aux enfants. Mettre à l’étude un nouveau plan cyclable se situant dans la prolongation du plan actuel qui vient à échéance en 2020, afin de définir les priorités futures en matière d’infrastructures. 
  7. Accroître sensiblement l’offre en parkings sécurisés pour vélos. Un réseau de parkings collectifs sécurisés par contrôle d’accès stratégiquement positionné sur l’ensemble du territoire autour des points d’intérêts et dans les zones d’habitat denses permettrait de répondre au problème du vol de vélos, qui est un frein au développement de la cyclabilité.   
  8. Installer une flotte de vélos partagés en free floatting, moins onéreuse que les dispositifs basés sur des bornes.  
  9. Analyser et défendre auprès des pouvoirs concernés une liaison cyclable express vers Bruxelles.       
  10. Organiser, conjointement à l’installation de dispositifs pour un parking vélo sécurisé, l’offre en matière de covoiturage, de vélos et voitures partagés, de bornes de recharges électriques, d’emplacements taxis, etc. en connexion directe avec les arrêts de bus de manière à constituer de véritables pôles multimodaux<2>.

Atténuer les impacts négatifs de la voiture
  1. Mettre en place une zone 30 intégrale, soit fixer le 30 Km/h comme la norme dans les zones d’agglomération du territoire communal, avec des exceptions pour les axes de transit. Cette proposition se situe dans la prolongation des réflexions menées dans le cadre de l’actualisation du Plan communal de mobilité. Elle permettrait d’apaiser les zones d’habitat qui doivent être avant tout des lieux de vie.
  2. Favoriser le covoiturage par l’installation de parkings spécifiques, notamment sur les sites potentiels identifiés par le Plan provincial de mobilité. Installer de nouvelles stations de voitures partagées. Encourager fortement l’usage et la pratique du covoiturage et de l’autopartage, notamment en facilitant leur signalétique et en les plaçant à des endroits stratégiques.
  3. Améliorer la mobilité alternative de et vers le parc scientifique en transport en commun, mode doux et solutions d’autopartage et de covoiturage. Concerter les analyses avec la Province et la Région, notamment sur les accès au zoning via la RN4 et la RN25. Veiller à ce que chaque entreprise développe un plan de déplacement intégrant la problématique des modes doux et des transports en commun.
  4. Modérer la création de voiries. En effet, agrandir ou construire plus de voiries a un impact sur le paysage (réduction de l’espace public et espace vert), sur l’environnement (pollution, imperméabilisation des surfaces, nuisances sonores...) et sur la qualité de vie. Il est cependant nécessaire de fluidifier le trafic dans la vallée d’Ottignies en réalisant une meilleure connexion entre les deux versants de celle-ci.    
  5. Favoriser une concertation entre les acteurs associés à l’offre de parking en vue d’une mutualisation des ressources et d’une harmonisation des tarifs - plutôt qu’accroître continuellement le stationnement. Cela amènerait une forme d’apaisement général. L’offre est très abondante à Louvain-la-Neuve mais les divers gisements de parkings sont gérés indépendamment les uns des autres, ce qui entraîne une pression sur les quelques places gratuites.
  6. Favoriser le développement d’une solution de parking en ouvrage plutôt qu’enterré, tant dans le cadre de la mise en oeuvre du Schéma directeur du centre d’Ottignies que dans celui du Masterplan de la gare, en accord avec les principes du développement durable.   
  7. Adapter régulièrement les dispositifs des zones bleues pour permettre une adéquation entre l’objectif poursuivi, c’est-à-dire lutter contre les voitures ventouses, et ses effets concrets.


<1> Enquête fédérale BELDAM 2012

<2> En s’inspirant des Mobi Punt présents en Flandre - voir http://mobipunt.be